« Prépare-toi, petit garçon,
Elle s’ra longue l’expédition
Et même si on n’en revient jamais vivant
Il faut marcher droit devant.
Quand il était haut comme trois pommes
Et qu’il n’était qu’un tout petit bonhomme,
On le poussa hors du berceau
Lui mettant un baluchon sur le dos,
Le bagage vide d’expérience
Il posera le pied dans son existence.
On n’est pas sitôt arrivé
Que l’on doit faire face à sa destinée »
Tiré de la chanson « Droit devant » des Cowboys fringants
Dans le baluchon de Joachim il y a, comme dans celui de nombreux petits Ougandais, un virus, celui du VIH.
Un tout petit virus, minuscule même ! Mais qui prend tant de place !
Ils avaient bien réussi à cohabiter pendant les premières années de sa vie. Ce dernier avait su rester discret… Mais à présent !
Son énergie, son immunité, sa joie de vivre, rien n’a réussi à y échapper.
A l’école les copains ne veulent plus s’asseoir à ses côtés, au village certaines personnes crient : « Ne vient plus chez nous, on ne veut pas ton SIDA ! ». Et même à la maison,… c’est plus comme avant.
Pas facile de garder la tête haute.
Les fièvres, les diarrhées sont devenues de plus en plus fréquentes.
Plus de répit.
Etant arrivée au bout de ce qu’elle connait pour soigner son garçon, la maman décide de l’emmener chez le docteur.
Il est à bout de forces
« Ho là là ! Pourquoi as-tu autant attendu maman ?! Ne vois-tu pas dans quel état se trouve ton enfant ? »
Le traitement anti-rétroviral débuta rapidement et Joachim resta quelques mois à « la maison Omoana ».
Pour récupérer tout d’abord, puis pour en apprendre plus sur le VIH, comment lui faire face et comment « vivre positivement ».
Il put alors mettre d’autres choses dans son balluchon ; des rêves, de l’espoir, de l’amour et quelque part, dans une petite poche, là où il ne prend plus trop de place, ce virus.
Caroline



