Une meilleure capacité d’adaptation :
Une autre langue
Un lit d’un mètre huitante
Une nourriture inhabituelle
Des transports partant on ne sait quand pour on ne sait où
Des horaires extensibles
Accepter d’être l’étranger.
Des connaissances :
Sur le SIDA, ce que cela représente dans ce pays et pour les personnes en étant atteintes
En anglais
Sur le pays, sa culture, sa politique, ses habitants
Sur nous.
Des émerveillements :
Devant le paysage grandiose du Sipi
Devant l’immensité de la savane dans le parc Murchinson
Devant tous ces animaux qu’on imagine depuis tout petit, les phacochères, les buffles, les babouins, les crocodiles, les hippos, les gazelles, les girafes et les éléphants.
Du respect :
Pour ces jajas, ces grand-mamans et toutes les femmes de ce pays, qui par leur travail et leur amour pour leur famille montrent l’exemple.
Pour Adrien qui mène les projets de l’association Omoana de main de maître tout en restant proche de ceux à qui ces projets sont destinés.
Des certitudes :
Sur le fait d’être privilégiés de vivre en Suisse, avec un système de santé et un système social efficaces, une sécurité politique…
Sur le fait que notre façon de consommer au nord participe au maintien de la situation dans laquelle se trouvent la plupart des pays du sud.
Sur notre compatibilité et le fait qu’on souhaite continuer la route ensemble.
Caroline n’aime pas le fitness.
Des incompréhensions :
Pourquoi un homme ougandais est-il incapable de dire « je ne sais pas » ou « je ne peux pas » et préfère faire ou répondre n’importe quoi ?
Pourquoi font-ils 15 plats différents pour les mariages ou les fêtes de Noël, alors qu’ils n’en mangeront pas la moitié et que cela leur coûtera des mois d’économie ?
Pourquoi n’aiment-ils pas la fondue ?!
Pourquoi le président est-il au pouvoir depuis 25 ans alors que le peuple n’a plus confiance en sa loyauté ?
Pourquoi le prix des transports augmente-t-il de 50% pendant la période de Noël ?
Des contradictions :
La religion, qui leur apporte une identité commune, de la solidarité, un sentiment d’unité les mène aussi à adopter une attitude parfois passive : Dieu décide.
Les téléphones portables sont arrivés dans les villages bien avant l’électricité. Comment faire pour les recharger ? Au petit shop qui possède une génératrice.
Un proverbe :
Qui pète en Afrique fait confiance à son estomac.
De nouvelles aptitudes :
Faire la lessive à la main.
Faire la vaisselle accroupi.
Etre patient et ne pas chercher à remplir tous les temps creux.
Savoir se contenter de ce qu’on a à disposition.
Conduire une évaluation de projet.
Savoir utiliser le système D.
Négocier un prix.
Savoir lâcher prise et relativiser.
Des souvenirs :
Le rire de Winnie.
La malice de Ruth.
Les malheurs de Filippo.
Les soirées Ligretto.
Le mime de Pierre Perret.
La pire mine de ma vie.
De beaux moments de complicité.
Mamie Anne-Claude écossant les haricots avec les enfants.
Un rolex au Nile.
Les créations de Vivi pour les enfants.
Les voyages en Matatu serrés comme des sardines et des poules à nos pieds.
…
Voilà tout ce que nous avons à mettre dans nos valises. Cela risque d’être serré mais ça ne pèse pas lourd. On espère ne pas avoir de problèmes à la douane, est-ce bien légal de sortir toutes ces richesses d’Ouganda ?
Merci à Adrien, Lilian, Robert, Toni, Emmanuel, Samuel, Mamy Annet, Mamy Jane, Justus, Uncle Kato, Ruth, Teddy, Damali, Dan, Constance, Zebiddie, Viola, Sarah, Enock, Jackie, Angela, Franck, Patrick, Kakira, Lucia, Christine, Mariam, Issa, Moses et Kikere, Muganba, Noko, Ibrahim, Derrick, Lawrence, Winnie, Nagadia, Zilifa, Kato, Juliet, Desire, Waswa et Nakatou, Christine, Toni, Siraje, Simon, Lilian, Akram, Winnie pour tout ce que vous nous avez apporté.
Jack et Caro